Juliana Seraphim
(1934 - 2005)
Peintre et dessinatrice libano-palestinienne.
Juliana Seraphim (1934–2005)
Peintre et dessinatrice libano-palestinienne, Juliana Seraphim naît à Jaffa (Palestine). Sa famille est contrainte de fuir vers le Liban lors de la Nakba (1947-1948). Dans les années 1950, les Seraphim obtiennent la nationalité libanaise, accordée alors principalement aux Palestinien·nes chrétien·nes, ce qui permet à l’artiste de voyager et de représenter le Liban dans des expositions internationales, notamment aux biennales d’Alexandrie (1962), de Paris (1963) et de São Paulo (1965). Bien qu’elle soit souvent présentée comme une artiste libanaise, Seraphim revendique l’influence de son enfance palestinienne, marquée par la mer de Jaffa et l’architecture de Jérusalem, sur son imaginaire artistique. Ces thèmes apparaissent notamment dans son exposition Espaces marins (Centre d’Art2, Beyrouth, 1974).
Artiste introspective, Seraphim explore à travers la peinture son monde intérieur, ses émotions et ses souvenirs, qu’elle dit émerger « involontairement ». Son œuvre, à la frontière du surréalisme, se distingue par des visions oniriques et féminines où les corps se métamorphosent en créatures marines, végétales ou ailées. Formée aux Beaux-Arts de Florence (1959-1960), Madrid (1960-1961) et Paris (1965-1967), elle admire les surréalistes européens sans pour autant s’en réclamer.
Après sa première exposition au Salon d’automne du musée Sursock à Beyrouth (1961), Seraphim s’impose dans la scène artistique libanaise. Elle s’installe ensuite entre Paris et Beyrouth, puis se fixe à Jounieh en 1987. Refusant les normes sociales et les injonctions de genre, elle consacre sa vie à l’art, explorant la sexualité féminine et la liberté du corps dans ses œuvres.
Sa pratique se caractérise par l’usage de l’encre noire — comme dans sa série inspirée par un lauréat du prix Nobel de littérature (1971) — et de couleurs vibrantes dans ses peintures à l’huile. L’œuvre Untitled (1980) illustre son univers onirique où se mêlent féminité et monstruosité.
Longtemps ignorée par la critique, Juliana Seraphim connaît un regain d’intérêt depuis les années 2020 grâce à sa présence dans de grandes expositions collectives :
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Beirut and the Golden Sixties: A Manifesto of Fragility (Gropius Bau, Berlin, 2022 ; Biennale de Lyon, 2022 ; Mathaf, Doha, 2023)
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Présences arabes – Art moderne et décolonisation – Paris 1908–1988 (Musée d’Art moderne de Paris, 2024).
Source :
Alessandra Amin, trad. Lucy Pons, Juliana Seraphim, notice publiée par AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, en partenariat avec le Beirut Museum of Art (BeMA), 2025.
Disponible sur : https://awarewomenartists.com/artiste/juliana-seraphim/