Armand Vaillancourt (1929 - -)
Déchirure, 1990
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Galerie
Espace 1130 - Galerie Cosner
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Médium
Bronze
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Époque
Contemporain
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Dimensions
55.8 x 40,6 x 22,8 cm | 22'' x 16' 'x 9''
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Signée
Signée, titrée et datée 1990 et numérotée E/A, I/IX
L'œuvre repose sur des choix techniques et structurels qui traduisent visuellement le concept de rupture :
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Le traitement des surfaces : La sculpture oppose des plans géométriques lisses (horizontaux et verticaux) à une zone de rupture texturée et irrégulière située dans la partie supérieure. Cette fracture crée un contraste entre l'ordre architectural et l'éclatement de la matière.
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La patine et la lumière : La patine vert-de-gris modifie l'aspect du bronze, lui donnant une apparence de métal vieilli ou corrodé. Les cavités accidentées de la fracture captent l'ombre, accentuant le relief et l'effet de vide.
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La structure : Composée de blocs superposés sur une base rectangulaire, la composition intègre des découpes qui allègent la masse du bronze et créent des tensions dans l'équilibre de l'ensemble.
L'année 1990 correspond à un jalon précis dans la trajectoire de l'artiste et dans l'histoire sociopolitique du Québec :
- L'évolution technique : après s'être fait connaître par l'utilisation du bois brûlé, du béton et de la fonte de fer lors de performances publiques (notamment pour la fontaine Québec Libre ! à San Francisco en 1971), Vaillancourt revient de manière régulière au bronze au cours des années 1980 et 1990. Il y applique ses techniques de manipulation directe de la matière pour obtenir des textures brutes.
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Le climat sociopolitique : l'année 1990 est marquée au Canada par des tensions politiques et sociales importantes, avec l'échec de l'Accord du lac Meech et la crise d'Oka. Pour Vaillancourt, dont la pratique artistique est liée à ses positions souverainistes et humanistes, le thème de la « déchirure » fait écho aux divisions et aux remises en question de cette période.
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La reconnaissance institutionnelle : créée deux ans avant l'obtention du prix Paul-Émile-Borduas (1992), cette sculpture montre la stabilisation des codes esthétiques de l'artiste, où le bronze sert de support à une démarche axée sur l'expression du conflit et de l'impact physique.